Imparfaits, libres et heureux… chapitre vingt-cinq.

(Les extraits que je donne proviennent du livre Imparfaits, libres et heureux de Christophe André. C’est un livre qui m’accompagne et qui accompagne surtout ma reconstruction… J’ai décidé d’en faire partager mes lecteurs parce que je pense que c’est un des meilleurs livres que j’ai lu pour se guérir de tout un tas de choses en rapport avec l’estime de soi ou la confiance en soi.) Les lignes en italiques sont mes propres écrits. Le reste est soit un résumé, soit des phrases tirés du livre.

imparfaits, libres et heureux
Imparfaits, libres et heureux

 

La vie est parfois étrange n’est ce pas ? Ces coïncidences qui la parsèment, ces « hasards » (auxquels je ne croient pas d’ailleurs) qui nous font faire des choses particulières…

Je voulais aujourd’hui écrire un article sur la honte dans la rubrique « les qualités et les défauts« . Mais en même temps, je voulais écrire un article sur ce livre qui me passionne « Imparfaits, libres et heureux ». Et de quoi parle le chapitre que je voulais commenter ? La honte !!

Hé hé !! Les hasards de la vie tout de même !

La peur du ridicule et le combat contre la honte et les blessures d’amour-propre. 

« Les blessures de l’amour-propre sont fréquentes lors des problèmes d’estime de soi. Mais ce sont souvent des blessures déplacées, qui auraient pu être évitées, ou ne pas exister. Plus souvent liées à l’hypersensibilité de la personne qu’à la gravité ou à la réalité des « attaques » dont elle a pu être l’objet. »

Les émotions de l’estime de soi qui souffre. 

Les émotions associées aux difficultés de l’estime de soi sont appelés les émotions de la conscience de soi.

Ces émotions sont :

Les plus secrètes, car bien cachées au fond de soi sans signe extérieur.

Les plus indépendantes de déclencheurs externes car c’est sur l’interprétation que se fonde la honte que l’on ressent et non sur des faits réels grave.

Les plus liées à la présence des autres : L’amour-propre, c’est l’amour de soi sous le regard des autres (André Comte-Sponville)

De ces émotions on peut retenir l’embarras ou la gêne .Ce sont des émotions souvent liées à une mise en valeur que l’on voudrait plus humble comme lors de la présentation d’un chanteur sur une scène… à condition que celui-ci ne soit pas narcissique !

Ce sont des valeurs plutôt normales, lorsqu’on a une bonne estime de soi, on a le droit d’être gêné de l’opinion que les autres ont de vous surtout si celle-ci est bonne…

Ce qui l’est moins c’est le sentiment de ridicule que l’on peut avoir dans tout un tas de circonstances.

Pour l’avoir vécu à de nombreuses reprises, je sais à quel point c’est destructeur. Il y a des choses encore aujourd’hui dont je serais incapable de parler. J’ai parfois l’impression que ma vie a été parsemée de ce ridicule. Pourtant à bien des égards, la plupart de ces situations ne devrait pas déclencher ce sentiment, mais ce que l’on croit être le jugement définitif de l’autre est puissant… quand on y croit.. 

Manifestations et conséquences de la honte.

En psychologie, la culpabilité est souvent la cause de nombreux maux. Mais la honte fait autant sinon plus de ravage. « On se culpabilise de ce que l’on a fait, mais on a honte de ce que l’on est« . Or il est souvent plus facile de se pardonner des erreurs que l’on auraient fait que de se pardonner ce que l’on croit être au fond de soi.

La honte déclenche en nous ces films qui passent et repassent encore dans la tête alors même que parfois il n’y a pas de raison car les autres ne se seront pas aperçus de l’objet de cette honte… La honte ne « nécessite pas de faute morale pour survenir. Un simple sentiment d’avoir failli, de ne pas avoir été à la hauteur peut suffire. »

Or la honte dépend de ce qu’on imagine « être à la hauteur ». Et comme on a une estime de soi basse, notre échelle de mesure est faussée…

Le sentiment de honte peut provoquer de la violence. Non seulement sur les autres (vouloir se venger de l’affront de quelqu’un) mais aussi sur soi (j’ai tellement honte de ce qui s’est passé que je veux me suicider).

Dans cet article, j’ai souvent mis des phrases complètes du livre. Je les mets entre guillemet. Loin de moi l’envie de faire du « copier-coller », c’est surtout que lorsque certaines choses me paraissent importantes, il est plus correcte que la pensée de l’auteur soit bien comprise plutôt que d’en faire un résumé.

Exercices pour combattre la honte. 

« Comme toutes les émotions la honte a une fonction : elle nous sert à ne pas oublier que, pour avoir sa place dans un groupe humain (famille, amis, micro- ou macro-sociétés), il y a des règles et des standards à respecter. A petites doses adaptées, la honte peut m’empêcher de commettre des actes antisociaux : mentir, trahir, voler, rudoyer les faibles. Ou, si je les ai commis, de récidiver. Comme la peur peut me rendre plus prudent en me faisant anticiper les dangers, la honte peut me rendre plus conscient en me faisant anticiper les rejets »

Dans les problèmes d’estimes de soi, les émotions se dérèglent. Le peur par exemple devient une phobie. La honte peut devenir aussi invivable alors même que l’objet de la honte n’est pas catastrophique.

On peut donc faire quelques exercices histoire de « recalibrer son « hontomètre ».

En étant dans le métro ou dans un bus, on peut annoncer les noms des stations à hautes voix. Si les gens nous regardent, il suffit de leur sourire, s’ils se demandent pourquoi on peut dire la vérité.

En faisant ce type d’exercice, on s’aperçoit qu’on est bien plus mal à l’aise avant qu’après.

Car  les gens finalement sont souvent plus gênés que nous, ou ils ne s’occupent pas tant que ça des autres. Ça met une perspective à l’image que l’on croit qu’on a vis à vis des autres. S’ils ne nous regardent pas en fin de compte, ils n’ont pas vraiment d’avis sur la question et donc pas d’image…

De plus « l’idée d’être ridicule ou déplacé est bien plus intense et pénible que le fait de l’être réellement. Cette donnée est capitale car elle révèle le grand gâchis des évitements : à toujours fuir, on ne peut jamais réaliser que l’on ne fuit que des fantômes de rejet social. »

Plus on prolonge et répète cette exercice, plus la honte s’éloigne. Autrement dit c’est comme pour toutes les habitudes, si on veut en changer, ce n’est que par la répétition qu’on y arrivera…

Comme je l’ai dit hier, un autre principe est que lorsque survient une honte, il ne faut jamais rester dans son coin à la ruminer. Il faut de suite en parler, d’abord avec celui a qui s’est arrivé, ensuite si l’on se faire suivre, avec le psychothérapeute qui je le répète n’est pas là pour juger (s’il le fait changez-en) mais pour aider…

Certaines personnes ont hontes du silence qui s’installe dans un groupe. Elles pensent qu’elles en sont responsables, qu’elles devraient dire quelque chose… Bien sur, ce n’est pas vrai. Le silence est aussi une forme de dialogue. Et lorsque ça arrive, on devrait « s’entraîner » à rester silencieux et penser que c’est normal, travailler sur la gêne que ça procure.

Pour la peur de dire des bêtises, dans un groupe, choisir, une personne timide, agréable et ouverte plutôt qu’aller « défier » une personne complètement à l’aise, cultivé et drôle. Si l’on ne s’estime pas, mieux vaut commencer doucement avec les autres plutôt que de risquer de se trouver ridicule en face de quelqu’un dont on a l’impression qu’il va nous juger.

« Mieux vaut s’accepter imparfait que ne pas s’accepter du tout, ou faire semblant d’être un autre que soi »

 

« C’est trop la honte »

Voilà une expression que l’on entend chez les jeunes, nos enfants, leurs copains.

Avec nos enfants on peut jouer à ce petit jeu « de la honte » en se faisant remarquer par exemple dans la rue, un magasin. Tout ça pour les faire travailler leur propre capacité à accepter que le ridicule ne tue pas…

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